Les Hell’s sont en prison, les Bandidos sont morts et ce qui reste des Italiens opère dans la plus grande discrétion montréalaise.  Ceci laisse la place toute grande pour une nouvelle race de bandits des plus dangeureuse…  Les assureurs automobiles.  Voraces comme les preneurs de paris de Vegas, ou encore Loto-Québec, ils évoluent dans un marché ou ils sont toujours gagnants.  De vrais requins.  En plus, contrairement aux autres bandits précédemment nommés, eux ne se font même pas tuer dans l’exercice de leurs fonctions. 

Je vous dresse mon dossier de conduite, afin que vous compreniez mieux pourquoi je me sens comme un prisonnier qui se fait violer tous les jours par le gros noir sidéen dans les douches.

J’ai 24 ans (donc pas 25), et j’ai obtenu le droit de conduire seul peu avant mes 17 ans.  Ça me fait près de 7 ans d’expérience de conduite.  Et quand je dis expérience, c’est vraiment dans tous les sens du terme.  Ça fait 2 ans que je n’ai pas eu de réclamation.

Donc, dans mes 5 premières années de conduite, 3 fois, on a juger bon de percuter mon véhicule.  Je n’ai pourtant jamais été tenu responsable d’un accrochage.  Dans mon cas, c’est toujours la faute des autres pour de vrai.  Même qu’une fois sur les trois, ma rutilante Mazda 3 NEUVE de 5 jours était STATIONNÉE devant chez moi, alors que je buvais une bière froide sur mon balcon, une taupe abrutie de 92 ans est venu embrasser mon pare-choc en se stationnant en parallèle.  Mon bébé n’avait pas 100 kilomètres au compteur et était dû pour une peinture.  Vieux crisse.

Mis à part les accidents, dans ces mêmes 5 années, une fois, sur ma première voiture on a volé mon radio, mes hauts parleurs et tout mon stock de hockey dans l’entrée devant chez maman.  J’ai réclamé le vol.  Une autre fois, alors que je restais à Lasalle avec Babe, sur ma deuxième voiture, une Néon 1999, on a volé mes horribles mags d’ORIGINE avec les pneus qui étaient dessus évidemment.  Je me lève pour aller travailler un bon matin et hop, je n’avais plus de roues !  On se croirait dans le Bronx mais non, c’est bien à Mourial.  J’ai réclamé deux roues et deux pneus à mon assureur, n’ayant pas les 1000$ en liquide pour sauver une réclamation.  Je n’ai jamais 1000$ de lousse.  Même si je l’avais…  Ça fait chier de le dépenser suite à un vol tsé…  Peu après l’épisode des roues, on a volé tout mon système de son dans la Néon…  Souvenir de Floride.  Je n’ai pas réclamé cette fois, et j’en ai jamais racheté un autre.

Si vous suivez depuis le début, ça m’a fait un total de 5 réclamations en 5 ans.  C’est le point de non-retour.  Si vous faites un 5 en 5, vous n’êtes plus assurables.  Ma 5e réclamation était celle de ma Mazda neuve.  Je payais déjà 1500$ par année, ça a doublé à 3000$ d’un coup.  250$ plus taxes de paiment d’assurance par mois, j’ai dit non merci et j’ai transféré à un étranger la location du char que j’ai le plus aimé dans ma vie, ma première voiture neuve, qui avait moins d’un an et un pare-choc repeinturé.

J’ai été ensuite plus d’un an sans véhicule, à partager celui de Babe avec elle, le temps de me faire oublier.  Mais les assureurs ont la mémoire longue.

Je n’ai rien contre le fait de ne pas être assurable.  Comprenez moi bien.  Je comprends que les assureurs sont en affaires pour faire de l’argent.  Je comprends qu’il n’en ont pas fait avec moi depuis 7 ans et qu’ils en sont froissés.  Je comprends qu’ils veulent se reprendre.

Mais je sais que j’ai été un des plus malchanceux conducteurs de l’histoire de la province.  Est-ce que j’ai couru après ? Non.  Est-ce que j’ai payé pour ? Oui. 

L’été dernier, je me suis donc acheté une RU-TI-LAN-TE Cadillac 1993 longue comme un train.  Un char de ti-vieux, ben confortable, en bon état.  On est loin de ma Mazda, mais je l’adore presqu’autant, ce foutu bateau, qui me transporte partout dans le confort de mon salon.  Je me sens comme un pimp que la police laisse tranquille.  Un jeune de 24 ans au volant d’un vieille Caddy, c’est rare.  Et quand Babe la prend, les gens se retourne et la dévisage !  C’est pissant.

La seule raison pour laquelle j’ai acheté ce char c’est pour les assurances.  Assuré juste d’un bord, sans vol, la prime minimale, il m’en coûte quand même 1000$ par année.  Colisse.  C’est là que ça me fait chier.

Je ne suis pas assuré contre le vol.

Je ne suis pas assuré pour mes dommages si je suis responsable.  Si je suis non responsable, c’est l’autre assureur qui paiera.

Il est ou le risque ?  Hein ?

Pourquoi une réclamation de non-responsabilité compte pour une réclamation même si ce n’est pas notre assureur qui paie la note ?

Elle est ou la différence entre un accident responsable ou non ?  Il n’y en a plus de différence.  Les assureurs gagnent à tout coup.  Vous avez beau être le conducteur le plus prudent au monde, si vous croisez le chemin d’un abruti du volant (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) vous allez payer pour, mes osties.

Je répète, je n’ai rien contre le fait qu’on me charge un prix de fou pour assurer un char neuf contre tous les risques.

Mais un estie de Caddy de 15 ans, assuré le plus minimalement possible, il y a une limite.  En ce moment mon assureur paiera seulement pour les dommage d’autrui si j’ai un accident responsable, chose qui ne m’est jamais arrivée en 7 ans.

Qu’ils aillent dont chier les sales.  J’suis en train de pogner les nerfs tu-seul en écrivant sur eux-autres.

Je remise mon char pour l’hiver.  Ça va me sauver 500$, ce qui équivaut au quart de la valeur de mon char.

La mafia je vous dis….