Expression du terroir québécois, avoir le cordon du coeur qui traîne dans la marde, est une phrase que mon paternel se faisait souvent dire quand il était petit, quand il démontrait de la paresse.

Accompagnée d’un coup de pied au cul, cette phrase peut vous réveiller un homme et lui graver ces mots dans la mémoire pour le reste de ses jours.

À mon tour, lorsque j’étais jeune et paresseux, paternel se plaisait à me ramener à l’ordre avec une tape en arrière de la tête et cette même phrase qu’il récitait avec une joie à peine dissimulée.

C’est beau, la transmission de valeurs de père en fils. 

Quand je serai papa à mon tour, fiston devra lui aussi, faire preuve de courage et rammasser son cordon,  pour affronter les épreuves de la vie et ainsi devenir un homme respectable à son tour.

Hors sujet, je dois souligner que le mot gestophille est un mot du terroir également, utilisé par ma famille. Il signifie divan, mais je le trouve tellement laid que je ne le prononcerai jamais de ma vie.  La transmission de valeurs familliales, ou de vocabulaire, a toujours ben une limite.  Ce mot s’arrêtera à moi dans l’arbre généalogique.

Toujours est-il que, depuis un bon moment, j’ai le cordon du coeur qui me traîne dans la marde le lundi matin.  Je sais que je pleurniche pour rien.  Papa ne serait pas fier.  Je sais que TOUT LE MONDE ou presque déteste les lundis.  Mais moi ce n’est pas que de la haine, ça m’affecte vraiment au niveau physique.

J’ai les yeux qui sont lourds jusqu’à midi, même si je me couche de bonne heure le dimanche.  La journée passe lentement et je sais pas, mais il arrive souvent quelque chose qui n’arrive jamais un autre jour.  Je n’ai pas d’exemple concret mais dès qu’il m’en vient un, je vous en parle.

Quelqu’un pourrait-il rammasser mon cordon du coeur qui traîne dans la marde du lundi pour moi ?  Le faire moi-même aujourd’hui me semble une tâche trop difficile à réaliser…

Si y’en a qui s’offrent pour le coup de pied au cul aussi…  Moi j’me rends pas.